C'était le 18 septembre 1981 : par 311 voix pour et 113 contre, l'Assemblée Nationale votait l'abolition de la peine de mort en France. La guilllotine devenait une pièce de musée.

Gilles_PerraultElle avait encore servi à 6 reprises durant les années 70. Parmi ceux dont la vie fut fauchée sur ordre de justice, le jeune Christian Ranucci, 24 ans, condamné et exécuté en 1976 pour le meurtre de la petite Marie-Dolorès Rambla à Marseille. Tout le monde a déjà entendu parler de la célèbre affaire dite du "pull-over rouge" qui fit rentrer l'écrivain Gilles Perrault dans le cercle des intellectuels engagés contre la peine de mort.

Depuis plus de 40 ans, Gilles Perrault habite à l'entrée du village de Sainte-Marie-du-Mont dans la Manche. Il y a 33 ans, quand il a écrit "Le pull-over rouge", il doutait de la culpabilité de Christian Ranucci. Aujourd'hui, il est persuadé de son innocence. Mais s'il y a une chose qui est restée profondément intacte chez cet humaniste qui a fêté cette année ses 80 ans, c'est son aversion totale et son combat absolu contre la peine de mort. Le_pull_over_rouge

"La peine irréparable suppose un juge infaillible" disait Victor Hugo. Une sentence dont Gilles Perrault a fait son credo. Il n'oublie pas que si la vérité est désormais devenue impossible dans l'affaire Ranucci, c'est parce qu'on l'a tué en même temps qu'on tuait Ranucci. Et près de 40 ans après les faits, son indignation devant ce qu'il considère comme une effroyable injustice est intacte.

Invité par l'Institut International des Droits de l'Homme et de la Paix à l'occasion de la projection au cinéma Lux du "Pull-over rouge" (film de Michel Drach datant de 1978), Gilles Perrault a répondu à quelques questions au micro de Nostalgie Caen.

Ecoutez Gilles Perrault :