Plage_d_Arromanches

Pas de chance. Après des mois de soleil, c'est sous la pluie que se dérouleront aujourd'hui les cérémonies du 67ème anniversaire du D-Day. Pas de grande "vedette" cette année, si ce n'est John Kerry, candidat malheureux à la Maison-Blanche en 2004 face à George W. Bush. Le sénateur américain viendra toutefois inaugurer le nouveau site de la Pointe du Hoc, dont le bunker situé à l'extrémité de la pointe a enfin été rendu aux touristes après 10 années de fermeture. Des entreprises américaines ont en effet consolidé la falaise pendant plusieurs mois de travaux et une facture globale de 6 millions de dollars.

De Sword à Utah, les vétérans se font chaque année de plus en plus rares au fil des commémorations. Le temps fait son oeuvre et les rangs des anciens combattants se clairsement. L'an passé encore, le légendaire piper écossais Bill Millin a passé sa cornemuse à gauche. "L'histoire fait désormais place à la mémoire" comme on l'entend un peu partout.

ArromanchesMais la date du 6 juin, si chère aux yeux des Normands, n'est pas encore prête à tomber dans l'oubli. Un nouvel enjeu a émergé ces dernières années, celui du label UNESCO. En 2006, une procédure a été lancée pour que les plages du Débarquement soient classés dans le patrimoine mondial de l'Humanité. Le cheminement est généralement long pour obtenir le précieux classement et les élus du conseil régional espèrent très fort l'obtenir d'ici 2014, année du 70ème anniversaire.

Les longs fleuves tranquilles n'existant pas, un élément perturbateur s'est toutefois greffé depuis cette année dans ce dossier. Les côtes du Bessin ont en effet été retenues en janvier dernier dans les arbitrages du chef de l'Etat comme l'un des 5 sites du littoral français qui devront accueillir dans les prochaines années un parc éolien offshore. Une centaine d'éoliennes devrait donc être implantées prochainement au large des sites historiques du Débarquement. Un projet contre lequel se dresse vent-debout Gérard Lecornu, le président de l'Association Port-Winston-Churchill d'Arromanches.

Son association a lancé il y a quelques semaines une pétition internationale qui réclame tout aussi bien l'abandon du projet que le classement des plages du D-Day au patrimoine mondial de l'Unesco. Sans préciser dans quel ordre... (abandon puis classement, ou classement puis abandon ?). La pétition aurait déjà recueilli 3 500 signatures. Mais elle ne semble pas, pour l'heure, mobiliser les élus locaux. Laurent Beauvais, président de la région, dit "a priori ne pas voir de contradiction" entre le développement de l'éolien offshore et la préservation historique des plages.

Gérard Lecornu poursuit donc son combat. Il est venu présenter ses arguments dans les studios de Nostalgie Caen :