La_force_tranquille

C'est un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. Le spectacle d'une France partagée en deux : celle qui exultait de joie, place de la Bastille, rêvant de changement et d'avenir meilleur. Et de l'autre, celle qui faisait grise mine, incertaine devant ce nouveau pouvoir, parfois même inquiète au point de parler de chars russes défilant sur les Champs-Elysées. Aujourd'hui, tout le monde ne retient qu'une seule image de ce joli mois de mai 81 : celle de François Mitterrand remontant la rue Soufflot vers le Panthéon pour déposer une rose rouge sur les dalles de Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher. Image de consensus.

L'anniversaire de la première alternance politique sous la Vème République a pourtant connu des fortunes diverses. En 2001, sous le gouvernement de Lionel Jospin, Mitterrand_au_Panth_onil était presque passé inaperçu. La gauche ne pensait pas alors qu'elle allait être, quelques temps plus tard, à nouveau privé du pouvoir exécutif pour de longues années. Aujourd'hui, la ferveur médiatique, et même populaire, qui entoure la célébration porte en elle les espoirs d'une France de gauche qui ambitionne de revivre la même alternance en 2012.

A Caen, le maire Philippe Duron vient d'annoncer que le Quai Caffarelli, le quai longeant le port de plaisance côté Presqu'île, porterait bientôt le nom de François Mitterrand. Le premier édile s'est en effet étonné que, depuis la mort de l'ancien président, il y a 15 ans, aucune artère caennaise n'ait été baptisée de son nom, comme c'est désormais le cas dans la plupart des grandes villes françaises. La proposition sera soumise au vote du conseil municipal lundi et il ne fait guère suspense qu'elle sera adoptée.

Voila qui devrait faire grandement plaisir à Louis Mexandeau. L'ancien député de Caen, et candidat malheureux (à 4 reprises !) à la mairie, est un mitterrandiste de la première heure. Sa première rencontre avec l'ancien président remonte à 1965, lors de la campagne présidentielle que ce dernier avait mené face au général de Gaulle. Mexandeau, c'est plus de 30 ans d'une amitié politique sans faille. Il fut de tous les gouvernements socialistes de l'après-81, à l'exception de celui de Michel Rocard. Il n'était donc pas question d'aller voir quelqu'un d'autre pour se replonger dans l'atmosphère de ce 10 mai 81. Des combats de la première heure jusqu'au moment où il apprend qu'il sera ministre dans le gouvernement Mauroy, de cette campagne enfièvrée jusqu'au soir de la victoire où il prononce son discours rue Caponière, au siège du PS à Caen, Louis Mexandeau revient sur ce printemps de l'alternance. Celui d'une respiration politique nécessaire à toutes les grandes démocraties apaisées.

Louis_MexandeauLa genèse d'une victoire :

La campagne électorale :

Le 10 mai 1981 :

L'après-10 mai :

Et en 2012 ? :

A lire : "François Mitterrand le militant. 30 années de complicité" par Louis Mexandeau. Editions du Cherche-Midi.