Imaginer la plage de Riva Bella sans ses fameuses cabines, ce serait un peu comme admettre que Deauville puisse encore être Deauville sans ses Planches. Et pourtant, un bras de fer s'est engagé entre le maire de Ouistreham et les propriétaires des petites baraques. Les cabines seraient-elles en danger ?

Cabines_Ouistreham

Les cabines alignées le long de la plage de Riva Bella à Ouistreham, des mouettes dans le ciel et, au loin, un ferry au départ pour la côte anglaise... Cette carte postale, tout le monde l'a déjà aperçu dans le présentoir d'une carterie. Mais depuis quelques jours, la carte postale semble sérieusement écornée. Un vent de tempête souffle en ce moment entre le maire de Ouistreham, André Ledran, et les propriétaires des 174 cabines de plage.

cabAu départ pourtant, il y a un constat partagé par tous : il est devenu inévitable de redonner un coup de jeune à ces cabines, dont certaines sont parfois laissées dans un total abandon. Le dernier lifting remonte à 1988, soit il y a 22 ans ! A l'époque déjà, le nombre de cabines avait dramatiquement maigri, passant de 400 à un peu moins de 200. Mais une tempête côtière n'avait alors rien fait pour arranger les choses.

En 2011, la tempête a lieu par courriers interposés. Le 28 janvier dernier, le maire de Ouistreham estime qu'il y a "lieu d'engager une nouvelle opération de restauration" mais il se refuse à intervenir sur les cabines elles-mêmes qu'il considère comme des biens privés. La contribution de la ville consistera simplement à réaménager de nouvelles fondations pour repartir sur de bonnes bases. Une condition toutefois : les propriétaires devront déplacer leur cabine par leurs propres moyens, sans quoi les services municipaux se chargeront de la réduire en bouillie. Le délai de réponse au courrier était de 15 jours.

Robert_PujolDepuis, le téléphone du secrétariat de la mairie de Ouistreham n'a pas cessé de sonner. Les propriétaires ne comprennent pas l'injonction qui leur est adressée. Certains, dégoûtés, commencent même déjà à déménager l'intérieur de leur cabine, prêts à abandonner là leur bien plutôt que de devoir procéder à des frais très importants de déplacement. D'autres, au contraire, sont vent debout contre la décision du maire. A leur tête, Robert Pujol, président de l'association CODERIVA, qui se bat depuis plus d'une trentaine d'années pour la défense de ce fleuron du patrimoine local :

La guéguerre se poursuivra encore ce week-end. Dès samedi, les propriétaires de cabine se réuniront pour réclamer un entretien au maire et envisager les suites à donner à leur action. De son côté, André Ledran a déjà voulu calmer le jeu. Il estime qu'il n'a jamais été question d'injonction et qu'il "paraît difficle désormais de réaliser cette opération avant la saison estivale 2011". Mais il reste fixe sur ses objectifs. Une réunion pourrait être prochainement organisée "au moment propice" à la présence du plus grand nombre. 80 % des propriétaires de cabines n'habitant pas Ouistreham, il est facile d'imaginer que le feuilleton ne rebondira pas avant l'été. D'ici là, la carte postale reste en place...