De mémoire de Bas-Normand, on ne compte plus le nombre de convois nucléaires qui ont quitté l'usine Aréva de la Hague pour rejoindre leur centrale d'origine. Par la voie des mers quand il s'agit par exemple de rejoindre l'Angleterre, ou par la voie ferrée quand il s'agit de retraiter les déchets allemands et de les renvoyer au pays.
Mais cette fois, Greenpeace n'y va pas de main morte et annonce ni plus ni moins le "convoi nucléaire le plus radioactif de l'histoire", l'équivalent de "10 Tchernobyl" dans un train de marchandises. Cela ressemble à une accroche publicitaire et d'ailleurs ça marche puisque les médias - et nous les premiers - l'avont tous reprise en choeur depuis ce matin. Mais c'est surtout l'occasion pour Greenpeace de remettre sur le devant de la scène un combat qu'elle mène depuis de nombreuses années avec le CRILAN (Comité de Réflexion, d'Information et de Lutte Anti-Nucléaire) dont le président Didier Anger est l'un des pionniers de la cause dans le Cotentin.
Pourquoi donc ce convoi est-il le "plus radioactif de l'histoire" ? Question justement posée à Yannick Rousselet, porte-parole de Greenpeace France concernant le nucléaire :
En attendant, l'itinéraire du "convoi le plus radioactif du monde" est officiellement conservé secret jusqu'à sa destination finale de Gorleben en Allemagne. Mais ce secret est tout relatif car le convoi suivra la route qu'ont suivi tous ses prédécesseurs. Au départ de Valognes, il transitera par Caen, Rouen puis virera au nord pour éviter la région parisienne via Amiens, puis Charleville, Metz et Strasbourg. Et c'est peut-être cela le plus inquiétant : laisser circuler des bombes en puissance alors qu'on ne cesse de répéter depuis plusieurs semaines que la menace terroriste contre la France est de plus en plus précise.