CCIl aimait la satire sociale et la bonne bouffe. Une ville comme Caen lui aurait convenu comme un gant. Claude Chabrol, disparu hier à l'âge de 80 ans, y est passé à 2 reprises dans les années 90, invité par André Guéret, responsable alors du cinéma Lux. André Guéret se rappelle d'un homme simple et généreux qui n'avait pas manqué de faire un petit détour par "La Bourride", l'une des tables de Caen les plus réputées à l'époque dans le quartier du Vaugueux et où officiait le chef Michel Bruneau.

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Mais il serait faire injure à Claude Chabrol sans évoquer les quelques films qu'il a tourné en Normandie. Pour ses caméras, il préféra souvent la rive droite de la Seine en plantant le décor de son film "Une affaire de femmes" avec Isabelle Huppert près de Dieppe en 1988 ou encore en tournant quelques scènes de "Madame Bovary" à Lyon-la-Forêt dans l'Eure. Fidélité aux auteurs oblige, comme lorsqu'il était revenu dans la région il y a quelques mois encore pour tourner une adaptation télévisée d'une nouvelle de Maupassant.

La Basse-Normandie fut moins visitée par le Maître. Tout juste a-t-il tourné un peu du côté de Dives-sur-mer dans les années 70 pour l'un de ses films les moins connus ("Alice ou la dernière fugue", seule incursion de Chabrol dans le genre fantastique) avec pourtant Charles Vanel, Sylvia Kristel, André Dussolier ou Fernand Ledoux au générique.

Mais s'il ne filma pas beaucoup notre région, Claude Chabrol y vécut en revanche pendant quelques temps. Le Bessin fut en effet son havre de paix pendant toute les années 80. Le cinéaste s'était porté acquéreur du presbytère de Vouilly. Il y passait de fréquents séjours et les habitants d'Isigny sur Mer le croisait fréquemment dans leurs rues. Mais sur l'impulsion de son épouse, Claude Chabrol avait préféré se tourner vers la Bretagne une dizaine d'années plus tard.