Laurent_FignonLaurent Fignon n'était pas normand. Ses bouquets, il les avait rarement décroché sur les routes de Normandie. Tout juste aura-t-il forgé une partie de sa victoire dans le Tour 84 sur la route entre Alençon et le Mans dans un contre-la-montre qu'il a survolé. Et pourtant, il était impossible de ne pas aborder ici la disparition de l'une des plus grandes figures sportives de ces 30 dernières années. Ce matin, c'est toute la France du Tour qui pleure son champion. Autant dire la France entière.

Du champion, on retiendra bien sûr ces fameuses 8 secondes sur Greg Lemond qui lui auront barré la route d'un troisième succès dans le Tour en 1989. Mais Fignon n'aimait pas qu'on lui rappelle sans cesse cette maudite journée de juillet où il avait connu la plus cruelle désillusion de sa carrière. Il faudra surtout se souvenir de la victoire du jeune premier en 83 avec sa bouille de premier de la classe. Et puis surtout de ce Tour de France 84 qu'il aura survolé de sa classe en faisant caler Bernard Hinault dans la montée de l'Alpe d'Huez. Souvenez-vous : c'était l'époque où 2 Français pouvaient lutter l'un contre l'autre pour la victoire finale dans la Grande Boucle.

De l'homme, on retiendra enfin ce combat contre la maladie. Un combat qu'il avait voulu rendre public, à l'image d'un Bernard Giraudeau disparu, ironie du sort, quelques semaines avant lui. Connaissant le champion qui ne baissait jamais les bras, on se disait qu'il triompherait de ce combat comme des précédents. Sa présence jusqu'au bout à l'antenne de France Télévisions nous confortait en ce sens. La maladie en a décidé autrement. Mais les champions, par définition, ne meurent jamais.

La rédaction de Nostalgie Caen a donc voulu rappeler ce matin la mémoire de Laurent Fignon à travers le témoignage de 2 Normands célèbres dans le monde du vélo. D'un côté, le Manchois Daniel Mangeas, speaker du Tour de France, qui lui avait remis en juillet un symbolique Prix de la Combativité, reçu sur le podium en compagnie de son grand rival, Bernard Hinault.
Et puis de l'autre, le Caennais Vincent Barteau, maillot jaune pendant 12 jours sur le Tour 84 avant de le céder à son coéquipier Fignon dans la montée de l'Alpe d'Huez. Il fut aussi le compagnon des mauvais jours après la défaite sur le fil en 89. Vincent Barteau était particulièrement ému hier soir. Qu'il soit ici remercié d'avoir eu le courage de répondre à quelques questions sur la disparition de son grand ami.

Salut Laurent. Tes commentaires empreints à la fois d'expertise, de finesse et d'humour vont nous manquer...

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Ecoutez Daniel Mangeas :

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Ecoutez Vincent Barteau :