Une partie de l'avenir du football français se joue cette semaine. Après les tièdes déclarations de Thierry Henry et de Patrice Evra, le conseil fédéral de la Fédération Française de Football se réunira vendredi pour tirer le bilan de l'équipée catastrophique des Bleus en Afrique du Sud. D'aucuns espèrent déjà y voir Jean-Pierre Escalette y remettre sa démission, victime expiatoire d'un processus infernal qui a conduit à la débâcle.

Qui a bien pu laisser Raymond Domenech à la tête de cette équipe dont tout le monde savait bien qu'elle partait à vau-l'eau ? Réponse : tout le monde. Tout le monde ? Non. Car en décembre dernier, un homme s'était dressé au sein de cette fédération de football pour réclamer le remplacement immédiat de Domenech. Cet homme, c'est l'ancien président du Stade Malherbe de Caen, Guy Chambily (président de 1991 à 1994 puis de 2001 à 2003).

chambily_portrait_maxpppAu début des années 90, Chambily avait sauver le club de Caen d'une déroute financière. Peut-être aurait-on pu épargner un désastre moral à l'équipe de France si certains pontes du football français avaient entendu sa voix il y a 6 mois. Aujourd'hui, Chambily n'en tire aucune gloire personnelle. Il est aussi apitoyé que tout le monde sur le destin de l'équipe de France. Et même s'il pointe clairement du doigt ses collègues de la Fédération comme co-responsables, il n'en veut pas à Jean-Pierre Escalette, son président, qu'il estime avoir été "complètement dépassé par les événements". Curieux remake d'une autre débâcle, celle de 40, il y a tout juste 70 ans, où les instances dirigeantes, politiques celles-ci, avaient elles aussi été contraintes au sabordage pour avoir été dépassées par les événements et le désastre annoncé. Mais la comparaison s'arrête là. Les faits étaient d'une autre ampleur.

Vendredi, Laurent Blanc sera désigné comme le nouveau sélectionneur de l'équipe de France de football. Une nouvelle ère s'ouvrira alors. Avec ou sans Jean-Pierre Escalette. Ironie du sort : si jamais il devait démissionner, Guy Chambily, doyen d'âge du conseil fédéral (77 ans), pourrait devenir président par intérim de la Fédération.

Ecoutez Guy Chambily :