A quelques jours du 70ème anniversaire de l'appel du 18 juin, Raymond Aubrac était hier à Mondeville pour inaugurer l'école qui porte désormais le nom de son épouse, Lucie Aubrac.


Aubrac_Mondeville


L'homme qui était hier à Mondeville a connu Jean Moulin. Comme lui, il a fait l'expérience de la torture par les bourreaux de la Gestapo. Mais il a eu la chance d'en réchapper grâce à l'héroïsme de son épouse, Lucie Aubrac, figure mythique de la Résistance lyonnaise et nationale. Aujourd'hui, il ne ménage pas ses efforts pour porter le message et les valeurs de cette Résistance. Le quasi-centenaire multiplie les conférences, les inaugurations et surtout les rencontres avec les jeunes. Car il sait que c'est par là que passe le relais de l'Histoire et de la civilisation.
Comme il a dû être ému hier sous le soleil de Mondeville quand les enfants de la toute fraîche école Lucie Aubrac l'ont accueilli en déclamant le poème d'Eluard, "Liberté". Comme il a dû être ému quand ce même choeur d'enfants a entonné le Chant des Partisans, co-écrit par Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon, et qui résonne toujours d'une troublante actualité.
Plaque_Aubrac"Résister est un verbe qui doit toujours se conjuguer au présent" disait Lucie Aubrac. La grande dame est décédée il y a 2 ans, à quelques jours d'une échéance présidentielle. Aujourd'hui, son compagnon de la Libération a repris sa canne de pélerin et porte haut son message. Humblement, il s'excuse de n'être qu'un "survivant". Mais du haut de ses 95 ans, c'est toute l'Histoire du XXème Siècle qui nous contemple. Même les petits Mondevillais semblaient avoir pris conscience hier de l'importance de leur rencontre avec ce précieux survivant du siècle.

Ecoutez Raymond Aubrac :

Ecoutez Jacques Vico, président des l'Union des Combattants Volontaires de la Résistance dans le Calvados :