Ils ont poussé un ouf de soulagement mais ils savent qu'il ne s'agit là que20100324plysorolpal d'un répit. Les salariés de Plysorol ont vu s'éloigner hier le spectre de la liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce de Lisieux a permis le maintien de l'activité de l'usine, spécialisée dans le contreplaqué, au moins jusqu'à la mi-juin et sous la houlette de l'actuel propriétaire, le Chinois Zhang.
Mais les choses sont loin d'être réglées. D'abord, parce que le feuilleton est interminable. Les 240 salariés du site de Lisieux ont vécu une année cauchemardesque entre les périodes de chômage partiel, les salaires impayés et les rumeurs de liquidation. Le groupe présenterait une ardoise de plus de 11 millions d'euros. Autant dire qu'un plan de continuation avec les actuels dirigeants chinois ne ravirait personne.
L'autre alternative, c'est celle proposée par le Libanais Ghassan Bitar. Elle n'est guère plus réjouissante puisque l'homme d'affaires a déjà annoncé qu'il pratiquerait de très importants licenciements économiques s'il venait à prendre possession du groupe. Il était même à 2 doigts de renoncer à son offre après avoir subi une fin de non-recevoir de la part de l'actuel propriétaire lui refusant d'avoir accès aux filières gabonaises de Plysorol. Il faut dire que derrière l'usine se cache un trésor de guerre : 600 000 hectares de forêt équatoriale au Gabon.
Alors en attendant cette nouvelle date fatidique du 16 juin, les salariés sont replongés dans l'expectative. Pantins malmenés d'une drôle de mondialisation.

Ecoutez Marie-Christine Malet, responsable CGT au sein de l'entreprise Plysorol :