Le président de région sortant était ce matin la dernière des 8 têtes de liste régionales à passer dans le studio de Nostalgie Caen. Laurent Beauvais a brossé un tour d'horizon de ce qu'il a fait et de ce qu'il reste à faire à la région si les Bas-Normands lui renouvellent leur confiance. Il sait que ce sera serré mais il y croit.

Laurent Beauvais a le visage marqué. On le sent un peu fatigué par cette campagne. Depuis plusieurs semaines, il n'a pas ménagé ses efforts, de la pointe du Cotentin jusqu'à Mortagne au Perche au fin fond de l'Orne où il se trouvait encore hier. Il ratisse le terrain, accueille les leaders nationaux de la gauche. Lundi dernier, c'était Martine Aubry à Caen. La semaine dernière, Laurent Fabius. En attendant Elizabeth Guigou, Manuel Valls ou Arnaud Montebourg. Il ne va pas le cacher : Laurent Beauvais sait que cette élection n'est pas gagnée d'avance, quoiqu'on lui en dise. Et ce ballet d'éléphants en Basse-Normandie montre que les instances nationales l'entendent également de cette oreille. Alors il lance toutes ses forces dans la bataille.

Jamais la responsabilité n'avait été aussi importante sur ses épaules. Il y a 6 ans, il était déjà tête de liste dans l'Orne mais caché alors dans l'ombre tutélaire de Philippe Duron. Depuis, les victoires successives de la gauche dans le Calvados l'ont propulsé sur le devant de la scène. Philippe Duron est devenu député en 2007, puis maire de Caen en 2008, et il a donc cédé à son vieux camarade le fauteuil de président de région. Dès son élection le 3 avril 2008, Laurent Beauvais savait qu'il mènerait les socialistes au combat lors de ces régionales.

L_BEAUVAISEn 2 ans, il a su imprimer un style. On remarque surtout ses bras de fer réguliers avec le président de la SNCF, Guillaume Pépy, sur les éternels dossiers qui n'avancent pas : les retards quotidiens et ubuesques de la ligne Paris-Granville, un Paris-Caen-Cherbourg qui ne se porte pas bien mieux ou encore une ligne TGV vers la Basse-Normandie qu'il a fallu et qu'il faudra encore aller chercher avec les dents. Malgré ses coups d'éclat, le président de région reste encore peu connu des Bas-Normands. Selon un récent sondage, seuls 15% des habitants de la région sont capables de citer spontanément son nom. Mais il n'en fait pas une fixette, précise qu'il est arrivé dans le paysage politique régional il y a peu de temps.  Et à la différence de ses autres collègues présidents de région, il n'a pas de mandat national. Laurent Beauvais n'est pas parlementaire. Tout juste a-t-il accepté au sein du Parti Socialiste un poste de délégué national pour les questions d'innovation. Innovation, un mot qui lui est d'ailleurs cher, lui l'ancien directeur de cabinet d'Hubert Curien, ministre de la Recherche entre 1988 et 1993.

En l'entendant parler, on a du mal à percevoir que Laurent Beauvais est en campagne Son discours est le même que d'habitude. Même tonalité. Ferroviaire, économie, emploi... Il sait qu'il y a encore beaucoup à faire. Et notamment sur ces 2 sujets purement normands qui reviennent sans arrêt dans cette campagne : l'arrivée d'un TGV entre Paris, Caen et Cherbourg et la constitution d'une Grande Normandie. Les grandes décisions sur ces 2 dossiers devront être prises dans le mandat qui vient. C'est-à-dire dans les 4 prochaines années. Laurent Beauvais annonce un référendum sur la réunification, sans doute en 2013. Mais pas de référendum sans avoir tranché la question de la capitale régionale avant. Quant au TGV, il met l'Etat devant ses responsabilités. S'il est prêt à financer au moins les deux tiers des investissements nécessaires, alors la Région mettra la main à la poche. Pas autrement.

Très souvent aussi, il fustige ses adversaires. Dans cette catégorie, il range Rodolphe Thomas. A ses yeux, le Modem bas-normand est un Modem de droite et il coupe court à toute main tendue. Quant à son adversaire de l'UMP, Jean-François Le Grand, il n'est pas celui qu'il attendait. D'ailleurs, il le dit tout net : la droite n'a pas misé sur le bon cheval. Et Laurent Beauvais se permet même de lancer des fleurs à Nicole Ameline, écartée à son corps défendant par l'UMP de cette bataille régionale. Dans la foulée, la députée du Pays d'Auge a choisi de tourner le dos au conseil régional après y avoir siégé pendant 12 ans et, en coulisses, elle murmurerait que Laurent Beauvais n'est finalement pas un si mauvais président de région que ça. Pain béni pour l'équipe régionale sortante qui sait que pour mettre en place les conditions d'une victoire, toutes les voix sont bonnes à prendre. Y compris celles des déçus de la droite.

Ecoutez l'interview en intégralité :

Nostalgielogo2009docLaurent Beauvais sera le vendredi 5 mars sur Nostalgie Caen 106.4FM à 7h30 et 8h30.

Retrouvez l'ensemble des candidats sur Nostalgie Caen 106.4FM lors de nos 2 semaines spéciales sur les élections régionales du 1er au 12 mars prochain.