Il n'était pas le candidat attendu de la droite. Mais il s'est imposé. Comme une force tranquille, diraient certains. L'UMP Jean-François Le Grand était ce matin de passage dans les locaux de Nostalgie Caen. Déplacement de star puisque le candidat de la droite était suivi, pas à pas, par une équipe de nos confrères de France 3. Jean-François Le Grand n'envisage pas autre chose que la victoire le soir du 21 mars prochain.

JF_LE_GRANDL'UMP a mis une grosse croix sur la Basse-Normandie. Au même titre que les Pays de la Loire, la Champagne-Ardennes, la Franche-Comté ou le Centre, le parti présidentiel considère la région comme "reprenable". Même si le jeu s'annonce serré. Très serré. Alors ici, pas de ministre ou de tête d'affiche excessivement médiatique. L'UMP a choisi un pilier de la droite régionale, un pur produit du terroir manchois, natif de Lessay, le d'ailleurs président du conseil général de la Manche Jean-François Le Grand qui, selon sa propre expression, s'est "rendu disponible".

Et pourtant, que ce fut dur ! Presqu'un an pour en arriver là. Car au départ, c'est Alain Lambert, ancien ministre du Budget et président du conseil général de l'Orne, qui devait partir au front, adoubé par le vote des militants. Mais le courant ne passait pas du tout avec son partenaire centriste, le maire de Deauville Philippe Augier. Or, dans une terre centriste comme la Normandie, il était hors de question que l'UMP ne parte séparée de ses alliés du Nouveau Centre. En septembre, Lambert jette l'éponge. L'ancienne ministre Nicole Ameline se repositionne. Mais elle n'obtient aucun soutien de la part de ses collègues parlementaires. Et finalement, les regards se tournent vers la Manche où Jean-François Le Grand avait été l'un des plus fervents partisans de la candidature d'Alain Lambert. Il est là, il est d'accord et à 67 ans, cet homme de droite tente donc l'aventure régionale qui manquait encore à sa carrière politique.

Homme de droite, mais pas homme de clan. C'est d'ailleurs là sa chance. Il l'a prouvé il y a 2 ans quand il avait été nommé président de la Haute Autorité sur les OGM. Jean-François Le Grand avait alors rallié à lui une bonne part de la frange altermondialiste en s'opposant frontalement au lobbying de la firme Monsanto et en émettant de sérieux doutes sur les cultures génétiquement modifiées. Dans les milieux écologistes, le président du conseil général de la Manche s'était alors taillé une image d'homme libre. José Bové en personne avait salué son courage. La Manche n'aurait pas été le département de Flamanville et de la Hague, et il s'en fallait de peu pour que Jean-François Le Grand ne devienne un héraut écolo.

Le département de la Manche, l'un des plus riches de France, bénéficiait alors directement de cette industrie du nucléaire dont il percevait la très importante taxe professionnelle. La suppression de cette dernière risque de peser lourd dans le budget du département. Les Régions ne disent pas autre chose. Jean-François Le Grand s'engage néanmoins à ne pas augmenter la fiscalité d'un euro durant son mandat, même si l'on sait que c'est une promesse souvent regardée d'un oeil méfiant par l'électeur-citoyen. En contrepartie, il s'engage à considérablement diminuer les frais de fonctionnement de l'institution régionale, trop dispendieuse à son goût en matière de frais de bouche ou de déplacement.

Issu d'un département rural, il se pose à nouveau comme un écologiste de bonne volonté en voulant assurer l'équilibre nécessaire entre économie, social et environnement. Il met en avant le potentiel d'énergies renouvelables de la Basse-Normandie et promet aussi une table ronde générale sur l'agriculture.
On le sent plus tiède en revanche sur la question de la réunification normande. Il admet être un converti de fraîche date, reconnaissant avoir longtemps été plutôt favorable d'un rapprochement avec la Bretagne. Mais l'Europe et le projet du Grand Paris l'ont fait changer d'avis. D'ailleurs, ne s'est-il pas engagé avec son homologue à Bruno Le Maire, candidat de l'UMP en Haute Normandie, à réunifier dès que possible ? Une déclaration d'intention supplémentaire dans ce feuilleton sans fin de l'unité normande. De toutes façons, pas question de proposer un référendum aux Normands avant d'avoir tout réglé. Y compris le choix de la capitale régionale. Laquelle ? Jean-François Le Grand botte en touche. Il préfère une Normandie "région et capitale" plutôt que de trancher la douloureuse question des 2 soeurs ennemies, Caen et Rouen.

Jean-François Le Grand sera donc président du conseil régional ou ne sera pas. Il a la victoire en ligne de mire puisque c'est la feuille de route que lui a soumise l'UMP. Conscient aussi que la partie est loin d'être jouée dans une région où la gauche s'est fortement implantée en l'espace de 6 ans. Sans compter que son réservoir de voix ne sera pas inépuisable à droite. En quittant Nostalgie Caen ce matin, il tombe sur Fernand le Rachinel. Un adversaire politique qu'il connaît bien : tous les 2 sont originaires de Saint Lô et tous les 2 sont surtout nés à 4 jours d'écart. Les 2 hommes se serrent la main. Pas encore de fusion, ni d'effusion. Une campagne qui suit son rythme. Jean-François Le Grand est disponible pour la victoire.

Ecoutez l'interview en intégralité :

Nostalgielogo2009docJean-François Le Grand sera le mardi 9 mars sur Nostalgie Caen 106.4FM à 7h30 et 8h30.

Retrouvez l'ensemble des candidats dans Nostalgie Info Caen 106.4FM lors de nos 2 semaines spéciales sur les élections régionales du 1er au 12 mars prochain.