Juste avant le candidat de l'UMP Jean-François Le Grand et le président de région sortant Laurent Beauvais, attendus tous les deux la semaine prochaine, Rodolphe Thomas était ce matin dans les studios de Nostalgie à Caen. Le candidat du Modem espère se faire une place au centre dans cette campagne. Le défi s'annonce difficile.

Demandez aux Hérouvillais : Rodolphe Thomas, c'est le gars sympa. Une allure juvénile alors que l'homme approche de la cinquantaine, une tonalité "peuple", un contact facile, volontiers plaisantin. Il va même jusqu'à tutoyer les journalistes, ce qui est parfois assez déstabilisant. Pas sans cause que cet homme-là ait été réélu il y a 2 ans maire d'Hérouville-Saint Clair dès le premier tour. Il a le sens du terrain. Et on peut même penser que sans un ralliement un peu rapide à Nicolas Sarkozy entre les 2 tours de la présidentielle en 2007, erreur stratégique que les Hérouvillais n'ont pas apprécié, il aurait pu conserver son fauteuil de député.

R_THOMAS

Voici donc Rodolphe Thomas lancé dans la bataille des régionales. Une première pour lui. D'aucuns n'ont pas tarder à souligner qu'il lui faudrait sûrement surmonter un handicap majeur : son défaut de notoriété au-delà des frontières de l'agglomération caennaise. Le nom de Rodolphe Thomas ne dit en effet pas grand-chose aux Cherbourgeois ou aux Alençonnais. C'est vrai. Là n'est pourtant pas la principale difficulté du candidat Modem qui va devoir rassembler une famille centriste éclatée aux 4 vents.

En Basse-Normandie, et particulièrement dans le Calvados, le courant démocrate-chrétien a toujours été particulièrement fort, à l'image d'un Michel d'Ornano ou d'un Jean-Marie Girault. Aux dernières élections régionales de 2004, ce courant centriste avait déjà été mis à mal par les profondes divisions entre René Garrec, président de région UMP sortant, et Philippe Augier, alors candidat de l'UDF. Rodolphe Thomas pourra-t-il capter cet héritage centriste alors que dans le même temps, Philippe Augier et le Nouveau Centre ont rejoint depuis le giron de la majorité présidentielle ? Difficile pari. Car en 4 ans, cet électorat centriste a beaucoup évolué. Les centre-droit se sont laissés séduire par les chants de l'ouverture entonnés par l'UMP et les centre-gauche se sont mobilisés pour les défis environnementaux lancés par Europe Ecologie. Les dernières élections européennes l'ont montré. Alors que pèse aujourd'hui "l'extrême-centre" dans la région ? La réponse à cette question sera dans le score de Rodolphe Thomas au soir du 14 mars.

En attendant, le candidat centriste se pose en rassembleur. Il répète inlassablement son envie de se situer en dehors des clivages gauche-droite traditionnels, ceux qui selon lui sclérosent la politique régionale depuis trop longtemps et paralysent les fameux grands dossiers dont on ne voit jamais l'issue : desserte ferroviaire régionale, TGV normand, réunification normande... Il propose aussi la création d'une agence d'intelligence économique régionale pour favoriser la coordination entre le monde de l'entreprise et celui de la recherche universitaire.

Enfin par-dessus tout, il cite en exemple son "laboratoire" d'Hérouville dans de multiples domaines comme le développement des pistes cyclables ou des logements sociaux. Laurent Beauvais ne serait-il pas un peu injuste en qualifiant "d'homme de droite" celui qui a rendu la cantine scolaire gratuite pour les familles les plus modestes d'Hérouville ? Ou encore lancé une réflexion sur la dangerosité des ondes électromagnétiques. Le courant, pourtant, ne passe pas entre les 2 hommes. Et au soir du 14 mars, Rodolphe Thomas affirme que le choix sera clair : soit il passe la barre des 10 % et il se maintient, soit il est en deçà et il regardera passer les trains. Pas de discussion. Ni à gauche. Ni à droite. Histoire de voir ce qu'il vaut aux yeux des Bas-Normands.

Ecoutez l'interview en intégralité :

Nostalgielogo2009docRodolphe Thomas sera le vendredi 12 mars sur Nostalgie Caen 106.4FM à 7h30 et 8h30.

Retrouvez l'ensemble des candidats dans Nostalgie Info Caen 106.4FM lors de nos 2 semaines spéciales sur les élections régionales du 1er au 12 mars prochain.